Le travail du polyester en moule et en recouvrement :

L’exposé qui suit est volontairement succinct. Il existe des possibilités de stages pratiques organisés par certains fabricants et distributeurs, ouverts aux particuliers, pour acquérir la technique de travail.

  1. Le moule :
  2. il doit être très rigide pour pouvoir être manipulé, de surface lisse et propre. Une fois terminé, on applique à l’intérieur plusieurs couches de cire de démoulage qui sont parfaitement lustrées pour chacune d’elles avant d’appliquer la suivante (de la cire à meuble peut éventuellement faire l’affaire).

  3. La préparation du gel-coat :
    1. Pour une application dans le moule :
    2. On peut utiliser du gel-coat non paraffiné. Il faut prévoir de 330g à 400g par m2 à recouvrir. On verse dans un récipient une quantité suffisante de gel coat pour qu’elle puisse être appliquée avant de durcir ; on accélére puis on catalyse dans les proportions suivantes :

      • de 0,1 à 0,3 % d’accélérateur (octoate de cobalt) bien mélangé au gel coat avant d’ajouter le catalyseur (peroxyde de méthyl-éthyle-cétone dit MEC). Il ne faut jamais ajouter directement ensemble le catalyseur et l’accélérateur. Ce dosage assure un temps de travail de 20 à 40 mn.
      • Une température ambiante idéale est de 20° (une température élevée réduit le temps de prise).
      • de 0,5 à 1,5 % de catalyseur MEC.

      Remarque :
      L’application peut s’effectuer avec un rouleau en poils non synthétiques (Rouleau « peau de mouton») en prenant soin de ne pas léser le film de cire de démoulage.

      On laisse sécher 30mn à 1 heure. Lorsque le toucher du dépôt devient poisseux (amoureux), on peut effectuer par dessus la stratification avec du mat ou du tissus de verre (rowing).

    3. Pour une application en recouvrement hors moule :
    4. Il faut utiliser du gel coat paraffiné l’utilisation d’un rouleau peau de mouton pour l’application en recouvrement ne donne pas un fini de surface de bonne qualité mais reste satisfaisant. Un ponçage ultérieur peut être envisagé s’il est suivi d’une peinture (polyuréthane).
      Les dosages décrits plus haut restent applicables pour un gel coat en recouvrement.

  4. La préparation de la résine polyester et du tissu :

    la préparation reprend les mêmes dosages que ceux décrits plus haut. Un panneau de mat de fort grammage 450 g/m2) tenu verticalement demande quelques précautions dans sa manipulation pour ne pas le défibrer entre ses doigts sous l’effet de son poids.

  5. Application du tissus, du mat et de la résine, imprégnation :
    On Procéde si possible au recouvrement des surfaces par petits panneaux pour le mat, en défibrant partiellement ceux-ci sur leurs bords pour permettre un recouvrement des panneaux sans surépaisseur. Dans le cas du rowing, la découpe de chaque panneau se fait avec des bords nets et juxtaposition des bords. Les dosages sont :

    • 300g de résine pour un tissu de 270g/m2.
    • 800g de résine pour un mat de 300g/m2.
  6. Il faut alterner couches de résine et couches de fibre ou tissu, en commençant par la résine. On imprègne le mat ou le tissu par tapotement avec le pinceau trempé de résine et non pas par lissage comme pour de la peinture.
    On termine chaque couche en « débullant » avec un rouleau à rondelles. Le tissu de verre (rowing) améliore l’élasticité le mat de verre améliore la rigidité. Il existe de la résine isophtalique qui est beaucoup plus imperméable que la résine orthophtalique.

Philippe Loutrel est l’auteur de la note technique suivante.
Pour tout renseignement, vous pouvez joindre par email : phl.alpine@laposte.net ou téléphone +33 6 11 18 93 28 .

  • les matériaux :
    • Résine polyester

      C’est un liquide visqueux, de couleur ambrée à l’état original. On la trouve habituellement pré-accélérée de couleur légèrement bleutée. Cette couleur est due à l’accélérateur au cobalt. Une résine neutre (c’est à dire non pré-accélérée) stockée en fût étanche, donc à l’abris de l’air et de la lumière à faible température peut se conserver de nombreuses années . A l’état pré-accéléré, dans les mêmes conditions, elle pourra se conserver également plusieurs années mais perdra progressivement de sa fluidité.

      Il suffira de bien la remuer et éventuellement d’y ajouter du styrène avant usage. Les mélanges étant réalisés par pesée on ne se souciera pas de sa densité. En règle générale, on compte 2 poids de résine pour 1 poids de fibres de verre. Il se révèle que l’on a toujours tendance à mettre trop de résine en rapport de la fibre. Il faut se rappeler que c’est la fibre correctement imprégnée de résine qui présente la meilleure résistance mécanique. Dans la suite on ne parlera que de résine pré-accélérée.

    • Catalyseur (péroxyde de méthylethylcétone)

      C’est un liquide incolore de densité proche de 1. Il est mélangé à la résine dans un rapport de 2% . Cette valeur moyenne est valable pour une température de 20°C environ. Par temps froid et sec , il faut augmenter cette proportion (3 à 4 %) pour faire démarrer la réaction chimique. Par temps chaud et sec il faut diminuer cette proportion (jusqu’à 1%) pour éviter de coller le pinceau au fond de la cuvette. Dans tous les cas, on évitera de travailler dans une ambiance de trop forte humidité. Entre deux maux, l’humidité est pire que le froid…

      Exemple typique: 6ml de catalyseur pour 300g de résine (mélange à 2%). Le froid, l’humidité, et les charges(voir ci-dessous) allongent le temps de prise. On peut surdoser mais avec précaution car on diminue alors beaucoup le temps de prise, augmente le retrait et les risques de déformation.
      Truc : Préparer la résine catalysée par doses de 300 g

    • Charges :

      Ce sont des élements neutres destinés à donner plus de “corps” à la résine : talc, silice micronisée/colloïdale (poudre très légère), microbille de verre…
      Truc : Surdoser le catalyseur quand on utilise des charges (jusqu’à 4 à 6%).

    • Tissus de fibre :

      On utilise quatre tissus très différents et complémentaires.
      Certains sont caractérisés par leur grammage (poids au mètre carré)

    • Mat de verre :

      C’est du non-tissé dont les fibres ont été traitées (ensimage) ce qui lui confère un toucher cartonneux. Un grammage typique est 450g/m² (épaisseur 0,8 mm une fois stratifié). Il est alors constitué de feuille collées, éventuellement détachables, fournissant ainsi du mat de 225g/m². Sa résistance est moyenne. Il s’imprègne assez difficilement de résine du fait de l’ensimage et d’une éventuelle humidité.
      C’est le tissus à tout faire. Les fibres de mat émietté constituent la fibrette.
      Le voile de verre est un mat très fin d’environ 50 g/m², utilisée avec le gel-coat, pas en réparation.
      Truc : Désagréger les bords de la pièce de mat à la main pour affiner l’ épaisseur de raccordement avec la sous-face.

    • Roving :

      Les fibres sont plates et tissées perpendiculairement( il en existe une variété unidirectionnelle avec des fibres transversales très fines ). C’est le tissus le plus résistant. Grammages typiques : 280 g/m² et 500 g/m². De par sa structure il accepte mal les angles aigus.
      Trucs : retirer une fibre pour créer un repère de coupe rectiligne. Positionner le Roving à 45° lorsqu’il doit être rabattu hors de son plan.

    • Verrane :

      Très léger, comparable à de la gaze, il se caractérise par sa résistance mécanique quasi nulle. Il s’imprègne très bien de résine. C’est le premier tissus à appliquer lorsque
      l’accroche est délicate, par exemple sur du métal. Une autre utilisation est d’être l’interface entre le gel-coat et les plis de tissus.

    • Tissus de delaminage :

      Très serré, il est comparable au tissus de chemise (popeline) souvent strié de rouge, de 83 g/m². Il est utilisé en dernier pli pour la finition, afin d’obtenir un bon état de surface et minimiser le ponçage ultérieur. Quand la résine est sèche, on l’arrache sur le principe du “peeling” . Une autre utilisation est celle d’un pli temporaire entre deux passes de collage de
      Roving à un jour d’intervalle par exemple.
      Truc : Toujours laisser une bordure sans résine comme prise pour l’arracher.

    • Mastic de remplissage :

      Appelé familièrement “tartouille “, on le prépare avec 50g de résine polymérisée à 4% + une poignée de silice micronisée (dosage théorique 1 à 2% en poids). Il n’a pas de résistance mécanique mais sert à remplir les creux ou à construire une petite saillie ; Il doit toujours être consolidé par du tissus de verre. On peut ajouter de la fibrette si nécessaire. On l’applique à la spatule souple. On le lisse avec une lame rigide.

    • Choucroute :

      C’est un mélange de résine et de fibrettes.

  • Fournisseurs :

    • Polyester 93, 2 Avenue H.Barbusse, 93 BOBIGNY
      Tél : 01 48 44 55 74 (prés du cimetière) Coûts : 30 F /kg de résine, 30 F/m² de tissus
    • Kovi, Parc d’activités de Coudrier, 95 Boissy l’Aillerie
      Tel : 01 34 66 91 11 (Nord de Pontoise)

  • Outils et Fournitures :

      2 bols en plastique souple, diamètre 20 cm environ, seringue de 10 ml graduée (à protéger avec du Scotch transparent sur les graduations, sensibles à l’acétone), 2 pinceaux plats (40 mm), acétone (solvant pour le pinceau et les mains), une balance (précision 10 g), chiffons ou Sopalin, palette en plastique pour mélanger le catalyseur à la résine, une paire de BON ciseaux (par ex.Fiskars) pour couper correctement les tissus de verre, un mètre, une lime électrique (à défaut une ponceuse), un aspirateur, un décapeur thermique pour sécher la résine s’il fait froid (moins de 10°C), une spatule souple en plastique (à découper dans un vieux bidon d’huile ) pour étaler le mastic.
      Il est également intéressant d’utiliser un rouleau DEBULLEUR sur l’ensemble résine + fibres (ce qui assure une excellente imprégnation de l’un dans l’autre) et chasse les éventuelles bulles d’air (dont la résistance mécanique est désastreuse). Cet outil se trouve chez les fournisseurs de résine.

  • Exemples d’utilisation :

    Il est conseillé de travailler en alternant toujours les différents tissus entre eux. Par exemple, pour assembler deux morceaux, on réalisera une alternance de mat et de tissus. Le nombre de couches de mat étant de n+1 par rapport au nombre n de couches de tissus. On commencera la stratification par un mat et on terminera par un tissus en augmentant les grammages.

    • Attache de châssis :

      Pour sceller les pattes de tôle du châssis sur la carrosserie : une couche de Verrane + 2 couches de mat (450 g/m²) + une couche de Roving(280 g/m²). Chaque pli est imprégné de résine appliquée au pinceau, sans attendre le séchage de la couche précédente.

    • Rayure profonde ou enfoncement :

      Décaper sur une zone d’environ 5 cm autour de la rayure à la lime électrique pour éliminer toutes les fibres cassées ou distendues.
      Si l’on peut accéder à l’arrière de la zone, coller un pli de mat en renfort. Creuser la rayure de 2 mm environ à la lime électrique. Aspirer les poussières. Remplir la rayure de mastique et appliquer un morceau de tissus de délaminage. Lisser avec une lame rigide (dos de cutter par exemple). Quand tout est sec, arracher le tissus.

  • Important :

    A court terme, la résine polyester est très tolérante et facile de mise en oeuvre mais si l’on ne respecte pas les dosages et les temps de polymérisation, la satisfaction d’avoir réalisé un bon travail sera de courte durée…

Print Friendly, PDF & Email
Translate »
Marquee Powered By Know How Media.
Translate »
Marquee Powered By Know How Media.